Masters 1000 Toronto : Rune piégé par un Popyrin impérial, l’effet Agassi déjà remis en cause ?

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par Léo Duvot

Le duel s’annonçait explosif, il a tenu ses promesses… sauf pour Holger Rune. En quête d’une relance de sa saison 2025 sous les conseils d’Andre Agassi, le Danois s’est heurté à un Alexei Popyrin irrésistible, samedi soir à Toronto. En s’inclinant 4-6, 6-2, 6-3 dès les huitièmes de finale, Rune voit ses ambitions estivales sérieusement écornées. Décryptage d’un revers inquiétant.

Un début encourageant avant la chute


Après deux victoires contrôlées contre Giovanni Mpetshi Perricard et Alexandre Müller, Holger Rune abordait ce huitième de finale avec un soupçon de confiance retrouvée. Mieux encore, l’entrée en matière face à Alexei Popyrin fut convaincante. Un premier set emballant, conclu 6-4 grâce à quelques fulgurances en coup droit et une capacité à varier, laissait entrevoir le meilleur. Mais la suite de la rencontre a basculé dans une toute autre dimension.

Dès l’entame du deuxième acte, le service de Rune, pourtant essentiel dans son arsenal, s’est grippé. Trop d’erreurs en première balle, un faible taux de réussite derrière la seconde (43 %), et surtout une incapacité à trouver des zones gagnantes. Popyrin, lui, n’a pas tremblé : 14 aces, 29 coups gagnants, et une gestion des moments clés impeccable. Le Danois a fui les échanges intenses, souvent dominé dès les premiers coups de raquette.

L’effet Agassi déjà mis à l’épreuve


Sous les projecteurs, Rune espérait une dynamique nouvelle avec l’arrivée très médiatisée d’Andre Agassi dans son entourage. Mais il faudra attendre pour mesurer l’impact réel du coach américain. Car si l’aura de l’ancien numéro 1 mondial a sans doute boosté la visibilité du joueur, sur le plan tactique et mental, les réponses ne sont pas encore là.

« Je n’ai pas trouvé mon niveau, j’ai eu beaucoup de mal avec mon service, ce qui m’a beaucoup compliqué la tâche », a admis Holger Rune en conférence de presse, relayée par l’ATP. Une lucidité salutaire, mais qui met aussi en lumière une fragilité qui s’éternise depuis plusieurs mois. Depuis son épopée jusqu’en finale à Bâle en fin de saison 2024, Rune peine à enchaîner les performances de haut niveau.

Au-delà du service, c’est l’attitude qui interroge. Moins conquérant, moins agressif, parfois frustré et passif, le Danois semble perdre ce panache qui faisait son charme et sa force en 2022-2023. Sa nouvelle collaboration avec Agassi était censée apporter une stabilité mentale et tactique. Pour l’instant, c’est une alchimie encore en rodage.

Quels enjeux pour la suite de la saison ?


Cette défaite face à Alexei Popyrin – outsider inspiré mais loin du top 20 – pourrait coûter cher à Rune. Actuellement 17e mondial, il voit s’éloigner la possibilité de figurer parmi les favoris des tournois Masters 1000 restants à Cincinnati et Shanghai, et complique sa course au Masters de Turin.

Plus préoccupant encore : Rune n’a pas livré un seul quart de finale depuis Roland-Garros 2024. Un signal d’alerte pour un joueur pressenti pour intégrer durablement le top 10. Le Danois va maintenant devoir prendre du recul, réévaluer ses choix stratégiques et surtout, redéfinir ses priorités.

Pendant ce temps, Alexei Popyrin, quant à lui, surfe sur une dynamique ascendante. Le vainqueur surprise de l’ATP 250 d’Adélaïde en début d’année confirme son potentiel de trouble-fête sur dur. Dans cette partie de tableau ouverte, l’Australien pourrait bien atteindre pour la première fois les demi-finales d’un Masters 1000.

Une chose est sûre : le Masters 1000 de Toronto a réservé son lot de surprises – et pour Rune, c’est l’heure du doute et de la remise en question.

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