Le troisième tour du Masters 1000 de Shanghai 2025 restera dans les mémoires, non pas pour une démonstration technique flamboyante, mais pour l’incroyable abnégation de Novak Djokovic. Face à un Yannick Hanfmann valeureux, 150e joueur mondial, le numéro 1 mondial a frôlé l’élimination, le cœur au bord des lèvres… au sens propre comme au figuré.
Un match cauchemardesque dans des conditions éprouvantes
En ce mois d’octobre, Shanghai étouffe sous une chaleur impitoyable : 30°C et un taux d’humidité avoisinant les 80 %. Des conditions quasi-tropicales qui transforment chaque échange en défi physique absolu. Djokovic, pourtant vétéran endurci du circuit, a subi de plein fouet ces conditions extrêmes lors de son duel face à Hanfmann, un adversaire aux dents longues et sans complexe.
Appliqué, agressif, le jeune Allemand a surpris dès le départ en remportant la première manche 6-4. Plus inquiétant encore pour les fans du Serbe : ce dernier semblait lent, défaillant sur son déplacement et visiblement au bord de la rupture physique. Le doute s’installait…
Et pour cause. Djokovic, 38 ans, a littéralement vomi à deux reprises sur le court. Des images saisissantes relayées sur les réseaux sociaux, notamment par le compte Twitter d’Univers Tennis, montrant le Serbe, titubant, s’agenouillant au fond du court. Certains s’interrogeaient même s’il allait abandonner.
Un comeback au mental, porté par l’expérience
Mais il en faut plus pour faire abdiquer le maître du circuit. « Ça n’a tenu qu’à un fil », a-t-il reconnu en conférence de presse relayée par l’ATP. « J’ai été surclassé par un joueur meilleur que moi pendant un set et demi. J’ai dû puiser profondément dans mes ressources, vraiment très profondément, pour me sortir de ce match. »
Cette déclaration, livrée avec lucidité, illustre la force mentale inébranlable de Djokovic. Après avoir sauvé trois balles de break dans le deuxième set, le Serbe est parvenu à inverser la dynamique en s’imposant 7-5, puis à dominer physiquement le dernier acte (6-3), malgré l’épuisement.
La clé de sa résilience ? L’expérience, évidemment, mais aussi un soutien du public shanghaïen toujours acquis à sa cause. « Je pense que l’énergie de la foule m’a vraiment aidé », a-t-il souligné. Une donnée essentielle dans ces matchs à forte intensité émotionnelle.
Un signal d’alerte pour la suite du tournoi
Si la victoire est là, l’alerte physique est majeure. Djokovic, qui n’avait pas connu de contretemps marquant cette saison, devra s’interroger sur sa capacité à enchaîner dans des conditions si extrêmes. En huitième de finale, il affrontera l’Espagnol Jaume Munar, 41e mondial : un joueur coriace, endurant, qui peut punir le moindre signe de faiblesse physique.
Au-delà de la performance individuelle, ce match relance le débat sur l’organisation des tournois dans des territoires à climat instable à l’automne, à l’image de Shanghai. Faut-il envisager des horaires adaptés ? Des pauses fraîcheur plus systématiques ? Le débat ne manquera pas d’être relancé au sein de l’ATP.
Pour Djokovic, ce tour sera à classer dans la catégorie des victoires à l’arrachée. Le genre de moment où le corps dit non mais l’esprit refuse d’abandonner. Une démonstration d’instinct de survie qui rappelle pourquoi, malgré les années, Novak reste le patron du circuit. Mais à quel prix ?