Coupe Davis 2025 : L’Espagne fait parler sa profondeur face aux Tchèques

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par Léo Duvot

L’absence d’un leader peut parfois galvaniser un collectif. Ce jeudi 20 novembre 2025, l’Espagne a prouvé que son équipe nationale ne se résume pas à la seule étoile de Carlos Alcaraz. Malgré l’absence du numéro 1 mondial, blessé, la Roja du tennis s’est qualifiée pour les demi-finales du Final 8 de la Coupe Davis au terme d’un quart de finale haletant contre la République tchèque.

Un duel serré sans sa tête d’affiche

L’absence de Carlos Alcaraz (blessure musculaire confirmée par la RFET) et celle, plus surprenante, d’Alejandro Davidovich Fokina (non sélectionné), ont obligé Sergi Bruguera à remodeler entièrement sa stratégie. Résultat : une formation menée par Jaume Munar et le vétéran Pablo Carreno Busta.

Mais dès le premier simple, l’Espagne a vacillé. Pablo Carreno Busta, en manque de rythme après une saison perturbée par des blessures, s’est incliné face au jeune Jakub Mensik (19e mondial) en deux manches 7-5, 6-4. La République tchèque prenait alors un avantage psychologique indéniable.

Le réveil est venu de Jaume Munar. Classé 36e à l’ATP et souvent dans l’ombre de ses compatriotes plus médiatisés, le Majorquin a parfaitement assumé son nouveau rôle de leader. Face au redoutable Jiri Lehecka (17e mondial), il a livré une prestation solide, s’imposant 6-3, 6-4, avec une gestion clinique des points importants. Sa victoire remettait les deux nations à égalité, relançant totalement la confrontation.

Le double, une tradition espagnole qui perdure

C’est finalement le double décisif qui a conforté l’Espagne dans son statut de prétendante au titre. Le duo expérimenté formé par Marcel Granollers et Pedro Martinez a été fidèle à la tradition espagnole : combativité, endurcissement mental et sens tactique.

Opposés au tandem tchèque Tomas Machac – Jakub Mensik, les Espagnols ont remporté deux tie-breaks d’une intensité folle : 7-6, 7-6, en sauvant notamment une balle de set dans le second. La paire hispanique a démontré une alchimie précieuse, avec un Granollers impérial au filet et un Martinez impeccable en fond de court. Leur victoire, acquise après plus de deux heures de jeu, a déclenché la liesse des supporters présents à Malaga.

Le capitaine Bruguera l’a rappelé à l’issue de la rencontre via communiqué de presse : « Il y a une grande fierté de voir cette équipe se battre avec un tel état d’esprit. Alcaraz nous manque bien sûr, mais notre force, c’est notre unité. »

Quels enseignements pour la suite ?

Cette confrontation illustre parfaitement les forces et faiblesses actuelles du tennis espagnol. Si la profondeur de banc est indéniable — avec des profils fiables comme Munar ou Martinez — la dépendance à Alcaraz devient de plus en plus marquée sur le papier. L’absence du Numéro 1 mondial laisse apparaître des failles que l’intensité collective seule ne pourra pas toujours combler.

Toutefois, cette qualification redonne du souffle à une équipe souvent critiquée pour son manque de renouvellement. L’Espagne affrontera samedi l’Allemagne ou l’Argentine, deux équipes également habituées aux joutes tendues de la Coupe Davis. À ce stade de la compétition, chaque détail compte — et la fraîcheur mentale comme tactique des seconds couteaux pourrait faire toute la différence.

Pour les amateurs de tennis stratégiques et d’analyse en profondeur, ce quart de finale résonnera longtemps comme un bel exemple de résilience collective face à l’adversité. Et un rappel que, même orpheline de son as, la Roja reste redoutablement compétitive.

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