Kei Nishikori forfait à Rome : vers une absence à Roland-Garros ?

Photo of author

par Léo Duvot

Le tennis mondial retient son souffle : Kei Nishikori, l’un des visages les plus marquants du circuit ATP de la dernière décennie, est contraint de déclarer forfait pour le Masters 1000 de Rome, prévu du 5 au 18 mai 2024. À l’approche de Roland-Garros, cette annonce sonne comme un avertissement pour les fans du Japonais, mais aussi pour les observateurs du tennis mondial qui s’interrogent sur sa capacité à rebondir une nouvelle fois.

Un début d’année prometteur rapidement freiné

Après plusieurs saisons minées par les blessures, Kei Nishikori était revenu sur les courts en 2024 avec l’ambition de se relancer durablement. Sa finale disputée au tournoi ATP 250 de Hong Kong en janvier avait ravivé l’espoir chez ses fidèles. Mieux encore, il avait montré de belles choses à Madrid en battant Alekandar Vukic au premier tour, preuve d’une montée en puissance sur terre battue.

Mais voilà : les pépins physiques, récurrents dans la carrière de l’ancien n°4 mondial, sont revenus ternir l’embellie. Cette fois, ce sont des douleurs à l’épaule qui ont contraint le Nippon à déclarer forfait pour le Masters 1000 de Rome. Un cruel contretemps, d’autant plus que Nishikori affectionne particulièrement ce tournoi où il a souvent brillé en raison de son format intermédiaire entre dur et terre battue.

Cette décision, confirmée par son entourage (source : communiqué de son équipe relayé par le site de l’ATP), reflète une stratégie prudente : ne pas forcer sur une blessure pour maximiser ses chances sur les échéances majeures à venir. Car, qu’on se le dise, la tête est déjà tournée vers Roland-Garros.

Roland-Garros : un rêve sous surveillance

À moins d’un mois de Roland-Garros, ce forfait à Rome laisse planer le doute. Nishikori connaît bien la terre battue de la Porte d’Auteuil : il y a atteint les quarts de finale à trois reprises (2015, 2017, 2019). Son jeu de contreur, sa mobilité exceptionnelle et sa régularité du fond de court en font un joueur redoutable sur cette surface. Mais cela, c’était dans un corps en meilleur état.

À 35 ans, Nishikori semble désormais en permanence dans une course contre-la-montre pour retrouver son intégrité physique. Chaque retour paraît plus difficile. Chaque pause plus longue. En 2023, il n’avait disputé que quelques matchs après plus d’un an d’absence. En 2024, il espérait retrouver une régularité, mais cette nouvelle blessure compromet sérieusement ses plans.

« Je dois écouter mon corps », avait-il déclaré récemment après sa défaite à Miami (source : ATP Tour). Bien conscient que son avenir passe par une gestion millimétrée de sa saison, Nishikori préfère donc zapper Rome pour tenter de recharger les batteries. Un choix sage, mais qui pose la question : peut-on vraiment viser les sommets à Roland-Garros en arrivant sans repères physico-tactiques sur terre battue ?

Quels enjeux pour Nishikori et le tennis japonais ?

Kei Nishikori reste, malgré les années, une figure majeure du tennis asiatique. Longtemps considéré comme le porte-étendard du Japon sur la scène internationale, il incarne une génération dorée qui a placé l’archipel sur la carte du tennis mondial. Son absence à Paris pourrait également freiner l’engouement d’un public japonais toujours fervent.

Derrière lui, la relève tarde à s’imposer au plus haut niveau. Même si des espoirs émergent chez les plus jeunes, aucun joueur nippon ne semble capable de prendre le relais de Nishikori avec la même constance sur les grands rendez-vous. D’où l’importance de son retour, même partiel, pour inspirer et guider les nouvelles générations.

Sur le plan purement sportif, Nishikori est un perturbateur potentiel dans un tableau principal. Capable de gêner des têtes de série grâce à sa science du jeu et à son expérience, il représente un danger latent pour tous ses adversaires… à condition d’être à 100% physiquement. Une condition qui semble aujourd’hui difficile à atteindre.

Conclusion : le dernier défi ?

Alors que Roland-Garros approche, Kei Nishikori navigue entre prudence et ambition. Pour ce guerrier du circuit, vaincre la douleur est presque devenu un art, mais les signaux envoyés par son corps restent préoccupants. S’il parvient à se remettre à temps, sa participation à Paris pourrait bien être un baroud d’honneur mémorable. Sinon, l’histoire retiendra qu’à défaut de résultats récents, c’est son courage et sa longévité qui ont marqué une génération entière.

Une chose est sûre : le tennis a besoin de personnages comme Kei Nishikori. Espérons que Rome ne soit qu’une étape sacrifiée… pour mieux surprendre à Roland-Garros.

Laisser un commentaire