Lundi 3 mars 2025 – L’ancien numéro 1 mondial Monica Seles, aujourd’hui âgée de 51 ans, fait une révélation bouleversante : elle est atteinte d’une myasthénie auto-immune, une maladie neuromusculaire rare. Si son nom reste associé à l’une des plus grandes ères du tennis féminin, son quotidien a désormais une toute autre complexité. Retour sur le parcours exceptionnel d’une championne, et sur ce nouveau challenge personnel qu’elle aborde avec le même courage qui l’a toujours caractérisée.
Une championne éternelle confrontée à l’invisible
Figure emblématique des années 90, Monica Seles a marqué l’histoire du tennis par sa précocité, son jeu agressif à deux mains des deux côtés et son palmarès impressionnant : 53 titres en carrière, dont 9 Grands Chelems, obtenus entre 1990 et 1996. À seulement 16 ans, elle devenait la plus jeune gagnante de Roland-Garros. Mais son parcours a aussi été entaché par le drame : l’agression au couteau en 1993, qui a bouleversé sa carrière et la planète tennis.
Aujourd’hui, c’est une épreuve bien différente qui touche celle qui a incarné la combativité sur les courts. Lors d’un match de tennis en famille, Monica Seles ressent les premiers symptômes : “Je manquais la balle, je voyais double”, a-t-elle confié à l’Associated Press.
Le diagnostic tombe : elle est atteinte de myasthénie auto-immune (ou myasthénie grave), une pathologie rare qui altère la communication entre les nerfs et les muscles. Cette maladie chronique provoque notamment une faiblesse musculaire, une vision double, des troubles de la parole ou de la déglutition. Peu connue et souvent mal diagnostiquée, elle affecte lourdement la qualité de vie et nécessite un suivi médical constant.
Un nouveau rôle : sensibiliser et inspirer
Loin de se retrancher dans le silence, Monica Seles décide de mettre sa notoriété au service de la sensibilisation. Elle s’associe à la société biopharmaceutique argenx, spécialisée dans les maladies auto-immunes, pour porter un message d’espoir et d’information auprès des malades. “J’aurais aimé entendre quelqu’un en parler quand j’ai été diagnostiquée”, confie-t-elle, décidée à briser le tabou qui entoure cette maladie encore trop méconnue.
L’objectif est clair : favoriser une détection plus rapide, inciter ceux qui souffrent de symptômes à consulter plus tôt et à ne pas ignorer les signaux d’alerte. Car si la myasthénie ne se guérit pas, elle peut être stabilisée grâce à des traitements qui atténuent les effets au quotidien.
Cette prise de parole rappelle que le combat ne s’arrête pas une fois la raquette rangée. “La vie m’a appris à toujours m’adapter. Aujourd’hui, je continue de me battre, balle après balle”, dit-elle avec une résilience qui force l’admiration.
Un message fort pour le monde du tennis et au-delà
À travers son témoignage, Monica Seles continue d’impacter la communauté sportive. Elle rappelle que derrière la gloire et les trophées, les champions restent humains, confrontés comme tout un chacun aux aléas de la vie. Son combat résonne avec d’autres athlètes ayant connu des défis de santé après leur carrière, et participe à normaliser la parole autour des maladies chroniques.
Dans un sport où la condition physique est reine, où la performance règne en maître, cette prise de position publique suscite aussi une réflexion plus large sur la santé post-carrière des athlètes. Le tennis a vu émerger au fil des années de nombreux joueurs et joueuses confrontés à des défis physiques ou psychologiques après leur retraite sportive. Le courage de Monica Seles ouvre une voie salutaire de dialogue et de prévention.
En 2025, ce geste de transparence et d’engagement est un rappel puissant : les héros du sport peuvent tomber, vaciller, mais aussi se relever, autrement, avec humilité et force. Dans ce match contre une maladie invisible, Monica Seles trace une nouvelle ligne sur un terrain bien différent. Et une fois encore, elle inspire toute une génération.