Monica Seles révèle sa bataille contre une maladie auto-immune : un combat loin des courts

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par Léo Duvot

À 51 ans, Monica Seles, légende du tennis féminin, vient de livrer sans doute l’un de ses combats les plus personnels. Dans un entretien accordé à l’Associated Press, l’ancienne numéro 1 mondiale, lauréate de neuf titres du Grand Chelem, a révélé être atteinte d’une maladie auto-immune rare : la myasthénie grave. Connue pour sa combativité sur les courts dans les années 1990, Seles continue de puiser dans cette force, mais désormais, c’est contre son propre corps qu’elle lutte.

Monica Seles face à la myasthénie grave : une maladie invalidante

C’est en jouant au tennis avec ses proches, il y a trois ans, que Monica Seles a pris conscience des premiers signes inquiétants. « Je voyais deux balles… je ratais des balles faciles », raconte-t-elle, évoquant un déséquilibre nouveau dans son jeu, elle qui fut l’une des plus précises du circuit. Alertée par ces symptômes persistants, l’Américaine d’origine yougoslave consulte un neurologue. Le verdict tombe : myasthénie grave.

Cette pathologie auto-immune empêche la bonne communication entre les nerfs et les muscles, provoquant une faiblesse musculaire qui s’accentue à l’effort et s’améliore au repos. Elle affecte différentes parties du corps : muscles des yeux (vision double), bras, jambes, et peut même altérer la parole ou la respiration selon l’AFM-Téléthon. Un quotidien bouleversé pour Monica Seles, qui admet que des gestes simples comme se sécher les cheveux « sont devenus compliqués ».

Elle ajoute : « Il m’a fallu beaucoup de temps pour accepter cette maladie et en parler. Cela affecte vraiment mon quotidien. » (Source : Associated Press). Son témoignage, sobre et sincère, révèle une vulnérabilité touchante, bien loin de l’image de championne invincible que le grand public a connue.

Une résilience forgée par les épreuves

La trajectoire de Monica Seles a toujours été jalonnée d’épreuves, qu’elle a transcendées. Quitter la Yougoslavie pour les États-Unis à seulement 13 ans sans maîtriser un mot d’anglais, puis son retour brutal en 1993 lorsqu’elle est poignardée en plein match à Hambourg par un déséquilibré fan de Steffi Graf… Chaque fois, elle s’est reconstruite. La résilience, chez Seles, n’est pas un concept, c’est une manière d’être : « Dans ma vie, j’ai dû plusieurs fois repartir de zéro. Mais comme je le dis aux enfants que j’encadre, la balle rebondit et il faut juste s’adapter. »

Aujourd’hui, même si elle ne joue plus en compétition, Monica Seles incarne toujours cet esprit de combativité qui a marqué sa carrière. Et ce nouveau combat, elle le mène avec discrétion et détermination, apportant également de la visibilité à cette maladie peu connue du grand public.

Un impact bien au-delà du tennis

L’annonce de Monica Seles dépasse largement le cadre de la sphère tennistique. Sa parole, respectée et écoutée à travers le monde, sensibilise aujourd’hui à la myasthénie grave, une pathologie rare injustement méconnue. Sur les réseaux sociaux, le soutien est massif : anciens joueurs, fans et experts de la santé saluent son courage.

En termes d’héritage, Monica Seles continue d’inspirer, non seulement les jeunes joueuses qu’elle accompagne via des programmes d’encadrement, mais aussi toutes les personnes confrontées à des maladies invisibles. En révélant sa condition, elle rappelle que l’image de force n’est pas incompatible avec la vulnérabilité physique et qu’il existe d’autres formes de victoire, loin des trophées.

Alors que le tennis féminin cherche aujourd’hui de nouvelles figures de résilience et de leadership, la voix de Monica Seles résonne avec justesse. Un message d’espoir et d’adaptation. Et un précieux rappel que la vraie force réside parfois bien au-delà d’un court de tennis.

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