À 37 ans, alors que sa légende continue de s’écrire sur les courts, Novak Djokovic semble également tourner une page profonde de sa vie personnelle. D’après plusieurs sources concordantes, dont le Corriere dello Sport, le n°1 mondial aurait quitté Belgrade pour s’installer officiellement à Athènes. Derrière ce déménagement, un cocktail de tensions politiques, de quête de sérénité et d’ambitions renouvelées. Décryptage.
Crise politique en Serbie : quand Djokovic devient une figure controversée
Depuis plusieurs mois, Novak Djokovic, 24 fois titré en Grand Chelem, se montre critique à l’égard du régime d’Aleksandar Vučić, président serbe contesté. Soutenant ouvertement les manifestations étudiantes contre le gouvernement en 2024, « Nole » a vu sa popularité vaciller dans certaines sphères officielles. Un revirement surprenant dans un pays où il jouissait jusque-là d’un statut quasi mythologique.
Cette posture engagée semble avoir précipité un isolement dont il souhaite désormais s’extraire. Fidèle à ses convictions, Djokovic a donc pris une décision rare pour une personnalité aussi liée à l’identité nationale : partir. Et pas n’importe où.
Pourquoi Athènes ? Un choix mûrement réfléchi
Le choix de la capitale grecque n’a rien d’anodin. Selon les informations du Corriere dello Sport et de plusieurs médias grecs, Djokovic aurait inscrit ses deux enfants, Stefan et Tara, au St. Lawrence College d’Athènes, une école privée britannique réputée. Il aurait également élu résidence dans le quartier huppé de Glyfada, sur la Riviera athénienne.
Ce changement géographique symbolise un renouveau plus large pour le champion serbe : climat ensoleillé, cadre paisible, proximité culturelle balkano-méditerranéenne… tout concourt à faire d’Athènes un refuge idéal. Mais attention, il ne s’agit pas d’une mise à l’écart du circuit professionnel. Bien au contraire.
Un exil qui s’accompagne de projets sportifs concrets
Non content de s’installer à Athènes, Djokovic y transfère aussi une partie de ses activités tennis. Exemple emblématique : le tournoi caritatif annuel de sa fondation, qui se tiendra du 2 au 8 novembre 2025, aura lieu non plus à Belgrade mais à Athènes. Un signal fort envoyé à ses soutiens comme à ses détracteurs.
Par ailleurs, le joueur s’entraîne déjà régulièrement dans deux clubs haut de gamme : le Kavouri Tennis Club et le 91 Athens Riviera. Ces structures proposent un environnement d’entraînement moderne, discret et hautement professionnel, en ligne avec les standards d’un athlète de ce niveau. Djokovic y envisagerait même une adhésion à long terme, renforçant ainsi son ancrage local.
Impact sur sa carrière et perception dans le monde du tennis
Ce changement de base pourrait-il impacter le jeu de Djokovic ? Sur le plan purement sportif, peu de raisons de s’inquiéter. L’environnement grec, à la fois calme et ensoleillé, est propice à la récupération physique et mentale. D’un point de vue logistique, Athènes dispose d’une excellente connectivité avec les grandes villes du circuit ATP, ce qui n’alourdit pas son agenda.
En revanche, cette nouvelle étape laisse entrevoir une transition plus profonde : celle d’un joueur qui prépare sa sortie du circuit principal tout en construisant les bases de son après-carrière. Car s’il vise encore quelques records (notamment celui des 110 titres ATP, dont il approche à grands pas), Djokovic semble aujourd’hui aussi soucieux de transmettre et de structurer son héritage.
Sa fondation, ses projets éducatifs et sa visibilité croissante hors des terrains nourrissent cette évolution. Athènes, par son dynamisme discret et sa relative neutralité politique, s’érige en terre d’accueil idéale pour celui qui cherche à conjuguer liberté, stabilité et impact.
Ce que cela dit du tennis mondial en 2025
Le cas Djokovic illustre une tendance émergente dans le tennis élite : la recherche de bases d’entraînement et de vie plus adaptées à une carrière longue, globalisée et exposée. Comme Nadal à Manacor ou Federer à Dubaï, Djokovic à Athènes pourrait inaugurer un nouveau modèle : celui du joueur-citoyen affranchi des attaches nationales rigides.
Ce mouvement pourrait encore s’amplifier dans les années à venir, à mesure que les enjeux géopolitiques investissent le sport de haut niveau. En cela, Djokovic reste, une fois encore, un pionnier. Pas seulement sur le court, mais dans sa manière de redéfinir ce que signifie « être joueur de tennis professionnel » en 2025.