À 37 ans, Novak Djokovic continue d’impressionner sur le circuit ATP, atteignant cette saison les demi-finales des quatre tournois du Grand Chelem. Pourtant, derrière l’apparente solidité du champion serbe, des signes d’usure commencent à émerger. Marco Panichi, ancien préparateur physique de Djokovic – désormais au service de Holger Rune – a levé le voile sur la réalité physique du numéro 1 mondial dans les colonnes du Corriere dello Sport.
Une gestion de l’effort devenue stratégique
Panichi ne cache rien : le temps fait son œuvre, même chez un champion d’exception tel que Novak Djokovic. Si le Serbe reste un modèle de longévité et d’intensité sur le court, son ancien préparateur admet que l’approche de l’entraînement a changé. « En ne s’entraînant plus comme avant, il est plus compliqué de maintenir un haut niveau, surtout dans les matchs au meilleur des cinq sets », explique Panichi au Corriere dello Sport.
Comprendre : Djokovic doit désormais ménager ses efforts à l’entraînement pour préserver son corps, ce qui influe inévitablement sur sa capacité à tenir les matchs les plus exigeants, en particulier en Grand Chelem. Ce constat rejoint une tendance de plus en plus visible cette saison : le Serbe semble parfois plus vulnérable dans les formats longs, où la fraîcheur physique devient un facteur décisif.
Un mur à franchir, mais pas une impasse
Pour autant, pas question de tirer la sonnette d’alarme du côté de Marco Panichi. « On peut tout attendre de Novak », affirme-t-il avec confiance. Et il est vrai que Djokovic reste, en 2025, l’un des seuls joueurs toujours capables de rivaliser avec la jeune garde dans des matchs à haute intensité.
Engagé actuellement au Masters 1000 de Shanghai, où il affrontera en quart de finale le Belge Zizou Bergs, le numéro 1 mondial devra toutefois démontrer à nouveau sa résilience. Les conditions éprouvantes du tournoi poursuivent le test physique grandeur nature pour le Serbe. Malgré son expérience et son sens stratégique inégalé, la question demeure : Djokovic peut-il encore dominer un circuit de plus en plus jeune, rapide et physique ?
Panichi souligne aussi une autre variable majeure : la motivation. « La motivation fluctue », dit-il. Et c’est peut-être là l’un des défis les plus complexes à contrôler. Après avoir tout gagné, les objectifs doivent être redéfinis, les ressorts psychologiques réactualisés. En 2025, Djokovic a toujours faim de titres, mais trouvera-t-il l’énergie mentale et physique pour continuer à repousser les limites ?
Les enjeux pour la fin de saison
Avec le Masters ATP de Turin à l’horizon et la perspective d’une nouvelle qualification pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, Djokovic entre dans une phase critique : maintenir un niveau d’excellence tout en gérant un corps et un mental sollicités depuis deux décennies.
Les observateurs du circuit scrutent chaque déplacement, chaque match du champion serbe pour déceler les signes de fatigue ou de baisse de régime. Pourtant, en 2025, si un joueur est capable de faire mentir les lois du temps, c’est bien Novak Djokovic.
Un homme seul à défier l’histoire… et les limites humaines.