L’ambiance était légère en conférence de presse à Wuhan après la victoire d’Aryna Sabalenka au deuxième tour du WTA 1000, mais l’ex-n°1 mondiale ne s’est pas contentée de commenter sa performance sur le court. Avec son franc-parler habituel et un humour désarmant, elle a évoqué un moment unique partagé récemment avec Novak Djokovic en marge de ses vacances en Grèce. Une confession drôle, mais aussi révélatrice d’une complicité rare entre deux champions aux tempéraments intenses.
Une préparation estivale pas comme les autres
Alors qu’elle avait choisi la Grèce pour savourer un repos bien mérité après son triomphe à l’US Open 2025, Aryna Sabalenka ne s’est pas vraiment déconnectée du tennis. La Biélorusse y a croisé Novak Djokovic, également en villégiature avant d’attaquer sa tournée asiatique. Entre baignades et dîners estivaux, les deux stars ont surtout… échangé des balles !
« Il était vraiment compétitif, et il criait quand il gagnait un point contre moi. J’ai marqué beaucoup de points contre lui, pour info », a-t-elle plaisanté en conférence de presse (source : WTA official post-match interview, Wuhan 2025). Elle ajoute avec auto-dérision : « S’il remporte le tournoi (de Shanghai), je pourrais dire que c’est grâce à moi ! »
Au-delà de la boutade, ces échanges illustrent le respect mutuel entre deux des plus grands noms du circuit. À 37 ans, Djokovic continue de dominer le circuit masculin, et son approche méticuleuse trouve un écho chez Sabalenka, qui a franchi un cap mental et tactique cette saison. Leur collaboration ponctuelle révèle aussi une facette méconnue des entraînements intergenres, de plus en plus populaires chez les pros.
Entre humour et apprentissage : une relation inspirante
Si la déclaration de Sabalenka amuse, elle souligne aussi une facette précieuse des figures dominantes du tennis actuel : leur ouverture et leur volonté de partager leur expérience. « Il est toujours prêt à me donner des conseils », confie la joueuse biélorusse. Ce rôle de mentor que Djokovic peut incarner, même en dehors du circuit ATP, reflète une évolution du joueur, aujourd’hui tourné vers l’élévation du niveau global du sport.
L’alchimie amicale entre les deux champions s’illustre aussi hors des courts. Dîners partagés, moments de détente avec Elena, l’épouse du Serbe, et souvenirs lumineux… Leur complicité casse une fois de plus l’image du sportif de haut niveau comme entité isolée et renfermée. Sabalenka confie : « Nous avons vraiment bien ri. »
Cette relation, au croisement du respect professionnel et de l’amitié humaine, est bénéfique autant pour leur moral que pour leur jeu. Djokovic, en pleine conquête d’un nouveau titre à Shanghai, semble profiter des enseignements techniques et humains de cette intersaison différente. Sabalenka, quant à elle, entame la fin de saison avec autant de confiance que d’enthousiasme.
Un exemple de collaboration symbolique pour le tennis moderne
Ce type d’interaction inter-circuit — ATP/WTA — prend une place croissante dans le paysage du tennis moderne. À l’image des matchs d’exhibition mixtes et des entraînements croisés, ces échanges témoignent d’une volonté de casser les barrières genrées dans la professionnalisation du sport.
Sabalenka n’est pas la seule joueuse à échanger avec des homologues masculins : Coco Gauff avait elle aussi évoqué ses sessions avec Frances Tiafoe et Taylor Fritz en préparation. Mais la révélation autour de Djokovic, référence absolue du tennis masculin, donne une portée particulière à ces sessions privées. Elles renforcent la thèse selon laquelle l’émulation, même hors du circuit officiel, peut jouer un rôle majeur dans la construction des performances.
Derrière la blague de Sabalenka se cache ainsi un signal positif : dans un sport souvent cloisonné, les champions sont désormais plus enclins à l’ouverture, au partage et à la co-construction. Et le public, friand de ces anecdotes humaines, y gagne lui aussi en proximité avec ses idoles.
La saison 2025 s’annonce prometteuse pour la Biélorusse — déjà titrée à Flushing Meadows — tout comme pour Novak Djokovic, lancé à la conquête d’un énième Masters 1000. Si Shanghai se termine bien pour le Serbe, Sabalenka pourra toujours revendiquer avoir ajouté… un peu de sa magie à la réussite du “Djoker”.