La saison 2025 de Jannik Sinner est tout simplement historique. L’Italien de 23 ans a marqué l’année de son empreinte en atteignant toutes les finales de Grand Chelem – un exploit rarissime – et s’apprête à conclure son incroyable saison en disputant la finale du prestigieux Masters ATP face à Carlos Alcaraz. Avec deux titres majeurs en poche (Open d’Australie et Wimbledon), Sinner entre de plain-pied dans le cercle très fermé des plus grands… mais gare à l’excès de confiance, prévient Ivan Ljubicic.
Une saison 2025 monumentale : Sinner dans les pas des légendes
De Melbourne à New York, en passant par Paris et Londres, Jannik Sinner a été omniprésent dans le gratin du tennis mondial cette saison. Si la terre battue de Roland-Garros et le ciment brûlant de l’US Open ne lui ont pas offert de titre, les sacres à l’Open d’Australie et à Wimbledon constituent déjà une performance exceptionnelle. Cerise sur le gâteau : cette semaine, l’Italien dispute la finale des ATP Finals face à son rival espagnol Carlos Alcaraz dans ce qui s’annonce comme un duel d’anthologie.
Une telle régularité sur les plus grands rendez-vous classe Jannik Sinner dans une catégorie réservée aux titans du tennis moderne. En effet, seuls Roger Federer, Novak Djokovic et Rafael Nadal avaient jusqu’à présent réussi à disputer les finales de tous les Grands Chelems et du Masters lors d’une même saison. À seulement 23 ans, le numéro 2 mondial s’installe légitimement à la table des plus grands.
Ljubicic alerte : le plus dur commence pour Sinner
Mais dans cette euphorie ambiante, une voix expérimentée vient tempérer les ardeurs. Celle d’Ivan Ljubicic, ancien numéro 3 mondial et ex-entraîneur de Roger Federer, aujourd’hui consultant pour Sky Sports. Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, le Croate reconnaît l’immense valeur de la saison de Sinner : « C’est un poids. Car seuls les véritables dominateurs peuvent se le permettre. Atteindre quatre finales de Grand Chelem et une finale de Masters en une saison signifie être numéro 1, ou du moins faire partie des plus grands. »
Mais Ljubicic lance aussi un avertissement : attention à ne pas croire que tout est acquis. La grandeur ne se mesure pas sur une saison, mais sur la durée. Il rappelle que les figures tutélaires du tennis, les Federer, Nadal et Djokovic, ont maintenu ce niveau d’excellence pendant plus d’une décennie : « Les légendes auxquelles nous le comparons ont réussi à maintenir ce niveau pendant 15 à 20 ans. Pour atteindre leurs performances, Sinner doit continuer sur sa lancée, voire mieux, pendant encore dix ans. »
Un défi de taille, dans un univers hypercompétitif où Alcaraz, Rune ou encore Medvedev ne comptent pas lui laisser le champ libre. La question n’est donc plus de savoir si Jannik Sinner a le talent pour s’imposer parmi les meilleurs, mais s’il aura l’endurance psychologique et physique pour inscrire son nom à la hauteur du Big Three sur le long terme.
Quel héritage laissera Sinner s’il continue sur cette lancée ?
Si la constance est la clé, les bases posées cette saison sont solides. Avec son mix explosif de service, puissance de frappe et lecture du jeu, Sinner semble taillé pour dominer. Mentalement, il affiche une sérénité qui rappelle les grandes heures de Federer. Mais à la différence de ses illustres aînés, l’Italien évolue déjà dans une ère plus dense en talents, où la domination prolongée est un Everest encore plus difficile à gravir.
La finale contre Carlos Alcaraz aux ATP Finals, ce dimanche, va d’ailleurs servir de révélateur. Un titre viendrait logiquement couronner cette saison exceptionnelle et offrirait à Sinner la possibilité de disputer la place de numéro 1 mondial d’ici début 2026.
Sinner est peut-être à l’aube d’un règne. Mais Ivory Towers ne se bâtit pas en un jour. Il le sait, et selon ses mots lors de la conférence de presse d’avant-match : « Je prends chaque tournoi comme un nouveau défi. Aujourd’hui, je suis heureux, mais je veux aller encore plus haut. » Une preuve de maturité qui laisse présager un avenir radieux, à condition de poursuivre cet effort constant vers l’excellence.