Alors que Carlos Alcaraz continue de pulvériser les records à une vitesse fulgurante, une voix s’élève pour tempérer les ardeurs : celle de Greg Rusedski, ancien numéro 4 mondial. Depuis sa victoire à l’Open d’Australie 2025, qui fait de lui le plus jeune joueur à réaliser le Grand Chelem en carrière, l’Espagnol est au centre des discussions sur le titre convoité de « GOAT » (Greatest Of All Time).
Une ascension fulgurante mais un débat prématuré ?
À seulement 22 ans, Carlos Alcaraz possède déjà un palmarès dont la plupart des joueurs rêveraient en fin de carrière : sept titres en Grand Chelem et un statut établi de numéro 1 mondial. Depuis son premier sacre à l’US Open en 2022, il n’a cessé de franchir des caps, dominant tour à tour les surfaces et les grands noms du circuit.
Mais pour Greg Rusedski, cette envolée impressionnante ne suffit pas à placer Alcaraz dans le débat du GOAT. Dans son podcast « Off Court », relayé par Tennis365, le Britannique déclare sans détour : « C’est ridicule à mon avis. Il a sept titres majeurs, mais pour atteindre les 20 comme Federer ou Djokovic, il lui faudrait encore plusieurs années ».
Cette déclaration jette une lumière intéressante sur un débat brûlant. Car s’il est indéniable qu’Alcaraz redéfinit les standards de précocité, le statut de GOAT ne peut, selon Rusedski, se résumer à une explosion de résultats sur quelques années.
Les critères du GOAT : expérience, longévité et adversité
À travers son analyse, Greg Rusedski pointe les trois piliers majeurs selon lui du GOAT : la régularité au plus haut niveau, la durabilité dans le temps, et la capacité à dominer face à une génération redoutable. Et sur ces points, Novak Djokovic reste sa référence.
« Les chiffres ne mentent pas », souligne-t-il. « Djokovic a traversé sa génération et a dominé pendant une décennie. » En 2025, Djokovic détient encore le record absolu de titres du Grand Chelem (24), de semaines passées numéro 1 mondial et d’une constance remarquable malgré la concurrence féroce de ses rivaux historiques, Federer et Nadal.
Rusedski n’enlève rien au génie d’Alcaraz, au contraire. Il le considère comme un prétendant sérieux, mais insiste sur le fait que la grandeur ultime dans ce sport se construit sur la durée. Là où Federer et Nadal imposaient leur style, Djokovic a combiné adaptabilité, mental de fer et science du jeu — des critères que l’Espagnol doit encore valider sur les années à venir.
Alcaraz : une trajectoire qui invite à l’optimisme
Peut-on vraiment écarter Alcaraz du débat alors qu’il devance, en rythme, les grandes figures du tennis moderne sur le plan des titres majeurs ? Plus jeune que Djokovic, Nadal ou Federer au moment de leurs septième Grand Chelem, le natif d’El Palmar semble tout avoir pour prétendre au trône : une puissance physique hors norme, une palette technique digne des plus grands, et une solidité mentale impressionnante.
S’il maintient cette dynamique et échappe aux blessures, le scénario d’un Alcaraz dépassant les 20 Grands Chelems est crédible. Mais comme l’indique Rusedski, il restera à prouver qu’il peut durer, évoluer et surtout inspirer sur la longue distance, face à une nouvelle génération affamée.
Conclusion : Un prodige, mais pas (encore) une légende absolue
Carlos Alcaraz fascine, électrise les tribunes et écrit à grande vitesse les pages d’un destin exceptionnel. Mais le débat du GOAT, selon Greg Rusedski, demande autre chose qu’un départ tonitruant. Il faut une carrière complète, presque épopéenne. Si Alcaraz poursuit sur cette voie, il pourrait un jour rejoindre — voire dépasser — les géants du jeu. En attendant, le monde du tennis savoure, match après match, la montée en puissance spectaculaire d’un champion d’exception… en devenir.