Après une victoire notable au Challenger d’Aix-en-Provence, Borna Coric se voyait déjà remonter la pente. Pourtant, le Croate, ex-star montante du circuit, devra passer par les qualifications pour intégrer le tableau principal de Roland-Garros 2024. Une situation rarissime pour un joueur de son calibre. Décryptage d’un retour en trompe-l’œil.
Le retour de Borna Coric : entre résilience et frustration
Dimanche dernier, Borna Coric a offert un aperçu de son potentiel retrouvé en l’emportant face à Stan Wawrinka dans une finale engagée au Challenger d’Aix-en-Provence. Une victoire qui l’a propulsé à la 84e place mondiale. Un bond au classement bienvenu, mais insuffisant. Car la date clé pour l’attribution des accès directs au tableau principal de Roland-Garros était le 15 avril. À ce moment-ci, Coric figurait à la 109e place mondiale : trop bas pour intégrer directement le Grand Chelem parisien.
Conséquence immédiate : le Croate devra disputer les qualifications, prévues du 19 au 23 mai. Un passage obligé qu’il n’avait plus connu depuis l’US Open 2014, soit près de dix ans. Une marque de la rudesse du circuit professionnel, où le timing est souvent aussi important que le talent.
Mais attention : malgré son statut de tête de série n°1 dans les qualifications, Coric évoluera dans un contexte tout sauf favorable. Son niveau de jeu est en hausse, certes, mais sa régularité reste à prouver, notamment sur cinq sets – un format exigeant qui ne pardonne pas les hésitations.
Des qualifications au niveau exceptionnellement relevé
Jamais les qualifications de Roland-Garros n’avaient semblé aussi denses. Plusieurs vétérans du circuit, incapables de sécuriser une entrée directe, pourraient concurrencer Coric dans la quête du précieux sésame.
Stan Wawrinka, vainqueur Porte d’Auteuil en 2015, espère encore décrocher une wild-card de la part des organisateurs. Même objectif pour Marin Cilic et Fabio Fognini, deux autres visages bien connus du public parisien. S’ils devaient rejoindre les qualifications, le tirage pourrait transformer cet antichambre du tournoi principal en un mini-Grand Chelem.
Ce niveau de concurrence traduit aussi l’évolution du paysage tennistique : entre jeunes loups affamés et anciens champions avides de relancer leur carrière, aucun ticket pour le tableau final ne sera offert. Pour Coric, cela signifie qu’il devra non seulement s’imposer, mais briller à un niveau quasi-ATP 250 pendant une semaine.
Les espoirs français : une génération en quête de confirmation
Côté tricolore, quinze joueurs tenteront aussi leur chance dans ces qualifications. Parmi les noms les plus attendus : Arthur Cazaux, récemment performant sur le circuit Challenger, Harold Mayot, champion du monde junior en 2020, ou encore Pierre-Hugues Herbert, de retour après des pépins physiques à répétition.
Les wild-cards accordées par la Fédération Française de Tennis pourraient rebattre les cartes. En ligne de mire, la probable participation du prometteur Moïse Kouamé (16 ans), protégé de Gilles Simon, incarne déjà l’avenir. D’autres jeunes talents, comme Timo Legout et Théo Papamalamis — formés aux États-Unis — pourraient eux aussi obtenir leur chance.
Ces qualifications ne seront pas seulement une épreuve de sélection, mais un révélateur de potentiel. Pour les Français, une présence massive dans le tournoi principal pourrait offrir un vrai bol d’air au tennis hexagonal, en quête de renouveau.
Un tremplin ou une épreuve de trop ?
Pour Borna Coric, ces qualifications représentent autant un défi qu’une opportunité. Il peut en sortir plus fort et redonner un coup d’accélérateur à une carrière ralentie par les blessures et l’irrégularité. Mais il n’aura droit à aucun faux pas. Le Croate devra démontrer qu’il fait encore partie des grands, même quand le contexte ne lui est pas favorable.
Dans un Roland-Garros 2024 placé sous le signe du renouveau, toutes les trajectoires sont possibles. Coric, en chef de file inattendu des qualifications, en est la preuve vivante.