US Open 2025 : Quand la vitesse de De Minaur claque même les coachs !

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par Léo Duvot

À quelques heures d’un quart de finale très attendu face à Felix Auger-Aliassime, Alex De Minaur attire l’attention bien au-delà du tableau principal de l’US Open 2025. Le joueur australien, 8e mondial, ne se distingue pas par la puissance de son service ni par un coup signature fulgurant, mais bien par un atout redouté du circuit : sa vitesse phénoménale. Une qualité si impressionnante qu’elle a déjà envoyé un de ses coachs… à l’infirmerie !

Des jambes qui font la différence (et des dégâts)

En mars dernier, Emilio Poveda, le physiothérapeute de De Minaur, partageait une anecdote étonnante dans une interview relayée par l’ATP Tour. Une histoire remontant à la dernière intersaison, sur un court d’entraînement à Monaco : « Pendant une session de sprint de 30 mètres, Adolfo Gutierrez (le coach historique de De Minaur depuis ses 9 ans) a voulu challenger son poulain sur une course. Résultat : claquage pour le coach, quelques semaines de repos imposées », raconte Poveda en riant. Une scène presque absurde, mais révélatrice de l’explosivité hors normes du natif de Sydney.

Cette anecdote insolite – relayée par Eurosport – met également en lumière une réalité plus sérieuse : le style de jeu d’Alex De Minaur repose sur une agilité irréprochable, une couverture de terrain exceptionnelle et une intensité constante qui usent nombre de ses adversaires. L’Australien ne frappe pas plus fort, mais il joue plus vite, anticipe mieux et oblige ses rivaux à enchaîner les coups sous pression. Et dans les longs échanges sur dur, c’est une stratégie qui paye.

Une référence en déplacement, saluée même par les experts

L’ex-coach de Serena Williams, Patrick Mouratoglou, ne s’y trompe pas. Lors d’un échange avec Nick Kyrgios en marge d’un tournoi ATP, le technicien français a dressé un parallèle éloquent : « Si on les chronomètre sur 20 mètres, probablement que Monfils gagne. Mais les déplacements sur le court ? De Minaur, c’est presque ridicule tellement il est fort. » Pour Mouratoglou, l’Australien est la parfaite incarnation du joueur qui a su compenser des failles techniques par une préparation physique rigoureuse et une lecture du jeu chirurgicale.

De Minaur n’avait pas aisément impressionné à 16 ans. Il n’était pas le plus fort physiquement, ni techniquement. Et pourtant, année après année, il s’est forgé un style unique, ancré dans la résilience et la discipline. Aujourd’hui, il incarne ce profil de « marathonien du court » capable de rivaliser avec les meilleurs grâce à l’endurance et à l’engagement.

En route vers un premier carré en Grand Chelem ?

Jusqu’ici, la meilleure performance en Grand Chelem de De Minaur reste un quart de finale à l’US Open en 2020. En 2025, à 26 ans, il arrive à maturité, plus solide que jamais physiquement et mentalement. Son duel contre Felix Auger-Aliassime s’annonce équilibré, entre deux joueurs à la trajectoire atypique mais aux ambitions similaires : s’imposer durablement dans le Top 10 et décrocher un premier titre majeur.

Au-delà de l’humour de cette histoire de claquage, ce qu’elle révèle est fondamental : De Minaur appartient à une catégorie rare de joueurs qui redéfinissent les codes de la performance, en se basant sur l’intensité, la rigueur et une mobilité dont même ses entraîneurs… devraient se méfier !

Une chose est sûre : s’il atteint les demi-finales de l’US Open cette semaine, ce ne sera pas grâce à un coup gagnant fulgurant, mais bien à la persévérance d’un sprinteur du circuit, capable de transformer chaque point en terrain de course.

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