Après une saison 2025 cauchemardesque, Stefanos Tsitsipas est à un tournant décisif de sa carrière. De numéro 3 mondial à la 34e place du classement ATP, le Grec a connu une chute vertigineuse, ponctuée par des blessures, du doute et des choix contestés. Aujourd’hui, une voix bien connue du circuit propose une voie de reconstruction : celle de Marcos Baghdatis, qui appelle à une thérapie radicale pour remettre Tsitsipas sur de bons rails.
Saison 2025 : la descente aux enfers de Tsitsipas
Ce devait être l’année du rebond. Elle s’est transformée en cauchemar. Stefanos Tsitsipas, considéré comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération, a traversé une saison 2025 largement en deçà des attentes. Point culminant de cette spirale négative : sa dégringolade au classement ATP, où il termine l’année à la 34e place mondiale – un recul inédit pour lui depuis 2018.
Son unique éclaircie ? Une victoire arrachée à Dubaï en février, pourtant insuffisante pour masquer une année globalement morose. Le Grec a enchaîné les contre-performances et connu une instabilité chronique sur le plan de l’encadrement technique, avec plusieurs changements d’entraîneurs en l’espace de quelques mois. Un manque de repères qui a pesé lourd, notamment sur les surfaces lentes, où il a accumulé les défaites au premier ou deuxième tour.
La thérapie de choc selon Baghdatis : repartir de zéro
Consulté par Tennis 365, l’ancien finaliste de Grand Chelem Marcos Baghdatis livre une analyse lucide, sans langue de bois. Lui-même passé par les affres du doute après une montée fulgurante, Baghdatis parle d’expérience. Pour lui, aucune formule magique n’est à espérer. « De l’extérieur, c’est très difficile de dire ce qu’il doit faire », confie-t-il. Mais une conviction émerge : Tsitsipas doit « repartir de zéro ».
« Accepter sa situation actuelle et construire à partir de là », suggère l’ancien joueur chypriote. Cela implique de revisiter ses fondamentaux, tant sur le plan technique que mental. Car c’est là qu’est l’enjeu : retrouver le goût du combat, du jeu simple mais efficace, se réconcilier avec ses armes premières – son revers à une main, son service percutant mais souvent irrégulier, et surtout, son engagement.
Et plus largement, Baghdatis évoque la nécessité de « prendre les bonnes décisions ». Cela inclut sans nul doute le choix du staff, un point de crispation évident cette année. Plusieurs sources proches du joueur évoquent en effet des divergences de vue tactiques et une communication difficile entre Tsitsipas et certains de ses entraîneurs successifs.
Comment Tsitsipas peut-il rebondir en 2026 ?
À l’orée de la saison 2026, les défis sont immenses pour l’ex-finaliste de Roland-Garros. La dynamique est préoccupante mais le potentiel reste intact. Tsitsipas n’a que 27 ans et conserve des qualités indéniables : une couverture de terrain toujours redoutable, un mental encore capable de se forger dans l’adversité, et une expérience des grands rendez-vous.
Plusieurs actions clés pourraient marquer son renouveau :
– Un retour à un encadrement stable, capable de proposer une vision à long terme.
– Un ajustement stratégique de son jeu sur terre battue où il n’arrive plus à s’imposer chez les meilleurs.
– Une meilleure gestion physique, après une saison marquée par des pépins récurrents.
Mais surtout, Tsitsipas devra retrouver l’envie. Celle d’un joueur qui aimait défier les Nadal, Djokovic ou Medvedev en pleine lumière. Car c’est bien cela que requiert le Top 10 mondial aujourd’hui : du feu intérieur, de la constance et une envie farouche de redevenir un prétendant aux titres du Grand Chelem.
La saison 2026 sera donc bien celle de la dernière chance pour Stefanos Tsitsipas de prouver qu’il n’était pas qu’un talent en transition, mais un champion en mutation.