Depuis de nombreuses années, le débat autour du GOAT (Greatest of All Time) divise passionnés et spécialistes du tennis partout dans le monde. Doit-on privilégier les statistiques ? Le style de jeu ? L’impact sur l’histoire du sport ? En cette fin d’année 2025, une voix respectée du tennis est venue éclairer le sujet avec lucidité : celle de José Luis Clerc, ancien numéro 4 mondial.
Djokovic, le palmarès qui parle pour lui
Invité sur le plateau de SportsCenter d’ESPN le jeudi 18 décembre, José Luis Clerc n’a pas tergiversé : « Pour moi, le meilleur de tous les temps, le GOAT, c’est Djokovic ». Et difficile de contester ses propos tant le Serbe écrase désormais les débats sur le plan des résultats. En 2025, Novak Djokovic affiche un total vertigineux de 24 titres du Grand Chelem, un record absolu qui le place devant Rafael Nadal (22) et Roger Federer (20).
Au-delà des Grands Chelems, Djokovic domine presque toutes les autres statistiques majeures : semaines passées en tant que numéro 1 mondial (plus de 420 à ce jour), Masters 1000 remportés, confrontations directes favorables face à ses deux rivaux historiques. Avec une longévité remarquable, une capacité à s’imposer sur toutes les surfaces et une régularité hors norme, le Serbe a définitivement scellé sur le plan comptable son statut de plus grand champion de l’ère Open.
Federer, icône du style et de l’esthétisme
Mais José Luis Clerc nuance son analyse : le GOAT ne se résume pas à des chiffres. « Si vous me parlez d’élégance, le meilleur, c’est sans aucun doute Roger Federer », a affirmé l’Argentin. Une déclaration qui résonne avec l’avis de nombreux puristes et fans. Car oui, Roger Federer a été, pendant plus de deux décennies, l’incarnation même du tennis élégant.
Revers à une main soyeux, déplacements fluides, variation de rythme et capacité inégalée à faire lever les foules… L’ancien maître de Bâle n’a pas seulement gagné des matches, il a offert un art du jeu. Pour beaucoup, Federer incarne le tennis dans sa plus pure expression. Et même si sa carrière s’est achevée en 2022, son impact esthétique et inspirationnel demeure intact.
Nadal, une résilience à toute épreuve
Enfin, Clerc a tenu à rendre hommage à Rafael Nadal, qualifié de symbole de « résilience, de ténacité et de tout le reste ». Et comment ne pas saluer la carrière du taureau de Manacor ? Le recordman de titres à Roland-Garros (14 sacres, un exploit probablement inégalable), a construit sa légende avec une capacité à surmonter les blessures, les doutes et les années qui passent.
Nadal, c’est aussi une mentalité de guerrier, une force mentale à nul autre pareil, et une combativité qui l’a rendu redoutable sur toutes les surfaces, pas seulement sur terre battue. Même en 2024, malgré une saison écourtée, il a réussi à revenir à un niveau compétitif, prouvant une nouvelle fois que sa grandeur ne se jauge pas uniquement en chiffres, mais aussi en humanité sportive.
Trois légendes, trois dimensions du tennis moderne
Le regard de José Luis Clerc, bien qu’axé sur Djokovic comme « GOAT comptable », pose la bonne perspective : le débat ne pourra jamais être totalement tranché, car il implique des dimensions différentes du jeu. Djokovic est le maître des chiffres, Federer celui de la beauté du geste, et Nadal celui de la force intérieure.
En somme, ces trois géants forment un triptyque unique dans l’histoire du tennis. Leur rivalité a façonné les 20 dernières années du circuit ATP, inspirant des générations entières et redéfinissant les standards de l’excellence sportive. Alors que la nouvelle génération, incarnée par Carlos Alcaraz, Jannik Sinner ou encore Holger Rune, tente désormais de remplir l’énorme vide laissé par ces monstres sacrés, une chose est sûre : le débat sur le GOAT continuera d’animer les discussions, mais l’avis d’un ancien champion comme Clerc vient poser un jalon clair dans cette conversation passionnée.