Depuis deux saisons, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner dominent le circuit ATP avec une autorité presque insolente. Finales de Grand Chelem à répétition, rivalité à distance sur toutes les surfaces, les deux jeunes étoiles du tennis mondial semblent inarrêtables. Pourtant, un autre nom veut s’inviter à la table des géants : celui de Lorenzo Musetti. En 2025, le talent italien ne cache plus ses ambitions et vise clairement un sacre en Grand Chelem dès 2026. Une déclaration audacieuse, mais loin d’être déconnectée de la réalité.
Quand audace rime avec progrès
Invité sur Tennis TV, Lorenzo Musetti a lâché une petite bombe médiatique : « Un nouveau vainqueur en Grand Chelem… et j’espère que ce sera moi ». Une formule qui pouvait passer pour de la provocation face à l’hégémonie actuelle d’Alcaraz et Sinner, mais qui témoigne aussi d’une évolution mentale chez le joueur originaire de Carrare. Classé 7e mondial au classement ATP début 2025, Musetti ne se contente plus des accessits ou des beaux revers en une main : il veut désormais marquer l’histoire du tennis italien et mondial.
Cette nouvelle posture s’explique par sa montée en puissance sur les 18 derniers mois. En 2024, Musetti a signé une demi-finale à Roland-Garros – éliminé en cinq sets face à Alcaraz – et une autre à Wimbledon, confirmant sa polyvalence et sa progression physique. À l’US Open, il atteint les quarts de finale, stoppé par Sinner au terme d’un duel de haute intensité. Ces résultats le placent logiquement dans le top 10 mondial, mais surtout, font de lui un sérieux outsider sur toutes les surfaces.
Peut-il réellement bousculer Alcaraz et Sinner en 2026 ?
Face à l’énorme régularité d’un Carlos Alcaraz – triple vainqueur de Roland-Garros et US Open – et d’un Jannik Sinner archi-dominateur sur dur (champion en titre à l’Open d’Australie et Wimbledon), Musetti doit encore franchir un cap. Techniquement, son jeu complet séduit : revers à une main somptueux, slices agressifs, variation permanente, sens de la glissade à la Djokovic… Il possède les armes pour gêner les meilleurs.
Mais ses points faibles sont connus : une irrégularité psychologique dans les grands moments – notamment en fin de set – et une capacité à se désunir face à l’intensité physique imposée par les cadors. « Il a le talent. Il doit maintenant prouver qu’il peut battre les meilleurs en trois sets gagnants », a souligné Paolo Bertolucci, ancien capitaine de Coupe Davis, sur la RAI en décembre dernier.
Néanmoins, avec une préparation hivernale axée sur le mental et la musculation, Musetti semble aborder 2025 dans des dispositions idéales. Le premier objectif ? Briller à l’Open d’Australie, où les regards seront déjà fixés sur une potentielle redistribution des cartes. Melbourne pourrait être le théâtre d’un premier coup d’éclat dans une saison où l’Italien vise ouvertement un titre majeur.
Un enjeu national et générationnel
Derrière cette prédiction assumée se joue aussi une dynamique plus large. L’Italie est aujourd’hui l’une des grandes puissances du tennis mondial, portée par la génération dorée Sinner-Musetti-Arnaldi, mais aussi un vivier impressionnant chez les moins de 21 ans. L’émergence de Musetti comme potentiel vainqueur de Grand Chelem en 2026 viendrait asseoir cette hégémonie transalpine.
Face à une domination bicéphale qui semble figée, l’ambition de Musetti ajoute du piment à une saison 2025 qui sera scrutée à la loupe. Peut-il faire mentir les pronostics ? En tout cas, le joueur italien ne manque pas de conviction, et dans un circuit souvent conditionné par la confiance, cela pourrait bien faire la différence.
Rendez-vous à Melbourne pour le premier acte d’un pari lancé avec panache.