Depuis son revers surprise à Monte-Carlo face à Alejandro Tabilo, Novak Djokovic est au cœur des discussions. Faut-il s’inquiéter du niveau de jeu du numéro 1 mondial ? L’ancien capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Nicolas Escudé, a jeté un pavé dans la mare. Pour lui, le Serbe a atteint un tournant irréversible : son règne en Grand Chelem serait terminé.
Djokovic sur le déclin ? Le verdict sans appel d’Escudé
Invité sur le plateau d’Eurosport France, Nicolas Escudé n’a pas mâché ses mots. « Il est assurément sur une pente descendante », a-t-il lancé, avant d’enfoncer le clou : « À mon avis, il ne gagnera plus de Grand Chelem, c’est trop compliqué pour lui » (source : Eurosport France). Une déclaration choc, d’autant plus osée qu’elle vise le recordman des titres majeurs (24).
Ce constat s’appuie sur des faits : Novak Djokovic est apparu emprunté dès son entrée en lice à Monte-Carlo, balayé 6-2 6-3 par le Chilien Alejandro Tabilo, classé 32e à l’ATP. Trop passif, lent sur ses appuis, et visiblement à court de repères, le Serbe inquiète à l’aube de la saison sur terre battue.
Les raisons d’un possible passage de témoin
Pour Escudé, les causes du déclin de Djokovic sont multiples. « Plus vous poussez, plus les problèmes physiques apparaissent », résume-t-il. À 36 ans, et malgré une hygiène de vie exemplaire, « Djoko » ne peut échapper à la réalité biologique. Les blessures musculaires se répètent, la récupération se complique… et la fraîcheur mentale, elle aussi, semble vaciller.
Mais le facteur le plus déterminant est sans doute l’explosion de la nouvelle génération. Carlos Alcaraz, Jannik Sinner, Holger Rune ou encore Daniil Medvedev ne se contentent plus de faire de la figuration : ils dominent, imposent leur rythme, et battent régulièrement les légendes. Jannik Sinner (22 ans) a remporté l’Open d’Australie 2024, en battant notamment Djokovic en demi-finale. Ces signes ne trompent pas.
« Il y a trop de gens face à lui maintenant », souligne Escudé. Autrement dit : le paysage du tennis masculin s’est considérablement densifié, et Djokovic n’est plus seul à pouvoir élever son niveau au-dessus des autres. Les nouvelles têtes du Top 10 n’ont ni complexe, ni peur du prestige : elles visent le trône, et y croient.
Roland-Garros comme dernier bastion ?
Faut-il pour autant enterrer Novak Djokovic trop vite ? L’histoire du tennis a prouvé que les plus grands savaient surprendre quand tout semblait perdu. En 2023, déjà, certains observateurs le voyaient en perte de vitesse — avant qu’il ne s’adjuge trois des quatre Majeurs.
Roland-Garros sera le véritable révélateur. Vainqueur à Paris en 2016, 2021 et 2023, le Serbe connaît mieux que quiconque les exigences de la terre battue parisienne. Son expérience, sa science du jeu et sa résilience psychologique restent des armes redoutables que peu de joueurs peuvent revendiquer.
À noter que le N°1 mondial donnera rendez-vous après ce faux-pas monégasque à Rome, dernier tournoi préparatoire majeur avant les Internationaux de France. En cas de nouvelle contre-performance, les doutes d’Escudé pourraient devenir la norme. Mais s’il s’impose porte d’Auteuil, alors il forcera, une fois encore, l’admiration — et le silence — de ses détracteurs.
Un crépuscule ou une nouvelle mutation ?
Ce que révèle surtout cette sortie de Nicolas Escudé, c’est notre inclination à vouloir prédire la fin des géants. Federer y a eu droit. Nadal aussi. Djokovic n’est que le dernier à passer sur le gril. Le problème ? Ces hommes ont bâti leurs légendes sur leur capacité à faire mentir tous les pronostics.
Si Djokovic ne remporte plus de Grand Chelem, il rejoindrait symboliquement une ère post-Big Three — une ère où la compétition s’est équilibrée, et où les jeunes prennent enfin la relève. Mais s’il remporte un 25e Majeur, alors il continuera à réécrire l’histoire avec une longévité tout simplement historique. Verdict à Roland-Garros.