ATP Madrid : Bonzi retrouve des couleurs, Mpetshi Perricard en perte de vitesse

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par Léo Duvot

À Madrid, les trajectoires croisées de Benjamin Bonzi et Giovanni Mpetshi Perricard ont illustré les montagnes russes que peut représenter la saison pour les joueurs français sur le circuit ATP. Dans la capitale espagnole, Bonzi a sonné l’heure de la relance, tandis que Mpetshi Perricard continue de s’enfoncer dans une spirale inquiétante.

Benjamin Bonzi, la lumière au bout du tunnel

Depuis plusieurs semaines, Benjamin Bonzi traversait un passage à vide préoccupant, avec une série de défaites et un manque de rythme flagrant. Mais ce mercredi à Madrid, le Nîmois de 28 ans a enfin remis les pendules à l’heure. Opposé à Marin Cilic (109e mondial), ex-top 10 et vainqueur de l’US Open 2014, il a livré une prestation parfaitement maîtrisée pour s’imposer 6-3, 6-2 en 1h33.

Clinique au service (aucune double faute, un ace, 5 balles de break sauvées), Bonzi s’est montré solide sur ses appuis et appliqué dans ses choix tactiques. Face à un Cilic en manque de repères (42 % de premières balles), le Français n’a jamais tremblé, imposant sa cadence et profitant des erreurs adverses pour construire son succès.

« C’est une victoire importante mentalement. J’avais besoin de retrouver des sensations positives », a déclaré Bonzi en zone mixte suite à sa victoire (source : communiqué ATP). Il décroche ainsi sa première victoire en tableau principal ATP depuis janvier, une éternité à ce niveau de performance. Son prochain défi : Hubert Hurkacz, tête de série n°9 du tournoi, contre qui il devra hausser son niveau de jeu pour espérer enchaîner.

Mpetshi Perricard en panne d’inspiration

À l’inverse, la dynamique est de plus en plus préoccupante pour Giovanni Mpetshi Perricard. Le très prometteur Lyonnais de 21 ans, actuel 37e mondial, a enchaîné ce mercredi une cinquième défaite consécutive sur le circuit. Cette fois, c’est Mariano Navone, 41e ATP et spécialiste de la terre battue, qui a stoppé net les ambitions du Français avec un score sec : 6-4, 6-4.

Le contenu du match est lui aussi révélateur des difficultés du moment. Mpetshi Perricard a commis la bagatelle de 38 fautes directes, dont 25 en coup droit – un chiffre particulièrement élevé qui témoigne de son manque de clairvoyance dans l’échange. Trop timide sur ses occasions (0 break converti), le Tricolore n’a pas su s’adapter au jeu de l’Argentin, pourtant largement à sa portée sur le papier.

Son style de jeu basé sur la puissance et la prise de risque semble pour l’instant le desservir sur ocre. Les doutes s’accumulent, à quelques semaines de Roland-Garros, où son évolution sera scrutée de près. Sa situation interroge : faut-il revoir sa préparation ? Sa gestion du calendrier ? Quelle place pour le mental dans cette spirale négative ? Autant de questions qui devront trouver réponse rapidement s’il veut enrayer cette dynamique descendante.

Les enjeux pour le tennis français

Ce contraste saisissant entre Bonzi et Mpetshi Perricard illustre les montagnes russes que traversent les joueurs français sur le circuit ATP. Entre regain de forme et doutes persistants, la relève cherche encore sa stabilité.

Pour Bonzi, la victoire contre Cilic pourrait marquer un tournant psychologique dans une saison jusque-là difficile. Un tirage relevé face à Hubert Hurkacz attend désormais le Nîmois, mais avec la confiance retrouvée, il pourrait créer la surprise.

Mpetshi Perricard, lui, devra rapidement inverser la tendance pour ne pas compromettre sa progression dans le Top 50 mondial. Ses qualités sont indéniables : service surpuissant, grande stature, potentiel à long terme. Mais sans résultats et constance, ce talent brut risque de s’émousser avant d’avoir atteint sa pleine maturité.

En cette période charnière de la saison sur terre battue, chaque match pèse lourd pour les Bleus, tant en termes de points que de confiance. Les prochaines étapes à Rome, puis à Roland-Garros, seront décisives pour renforcer ou faire vaciller les dynamiques en place.

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