Le monde du tennis a toujours eu ses artistes. En 2025, c’est Carlos Alcaraz qui incarne cette nouvelle génération de showmen, et Andy Murray ne s’y est pas trompé. Le triple vainqueur en Grand Chelem, aujourd’hui âgé de 38 ans, a récemment dressé un parallèle inattendu entre le jeune Espagnol et l’icône du football brésilien Ronaldinho dans une entrevue accordée au Times. Une comparaison flatteuse, mais révélatrice d’un phénomène qui dépasse les lignes de fond : Alcaraz ravive l’essence même du plaisir de jouer.
Un parallèle audacieux mais révélateur
Dans les colonnes du Times, Andy Murray a livré une déclaration aussi sincère qu’inattendue : « Ce n’est pas un grand golfeur, malheureusement, mais son tennis me rappelle Ronaldinho », a-t-il lancé, sourire en coin. L’Écossais ne compare pas ici la puissance ou les statistiques, mais bien l’indescriptible. Cette magie rare qu’on ressent devant un spectacle imprévisible, spontanée, presque enfantin.
Ronaldinho, dans ses plus belles années au FC Barcelone, jouait avec un sourire contagieux, multipliant les gestes techniques aussi flamboyants qu’efficaces. Carlos Alcaraz, numéro 2 mondial au classement ATP en ce début d’année 2025, semble marcher sur les mêmes traces — non pas dans les stades, mais sur les courts en dur ou en terre battue.
Murray admire cette capacité à « vouloir gagner, mais toujours avec le sourire ». Une qualité devenue rare dans un circuit de plus en plus ultra-professionnalisé, où la pression et les enjeux étouffent parfois la fantaisie.
L’effet Alcaraz : du génie brut au plaisir retrouvé
Depuis ses premiers exploits à 18 ans, Carlos Alcaraz ne cesse d’émerveiller. Sa palette technique est immense : amorties parfaites, enchaînements volée-passing, coups en bout de course, il semble capable de tout faire avec une aisance déconcertante. Mais au-delà de ses statistiques ou de ses grands titres — il totalise déjà trois Grands Chelems avant ses 22 ans — c’est son attitude qui fait vibrer les foules.
Alcaraz joue « avec son cœur » comme le dit souvent son entraîneur, Juan Carlos Ferrero. Il transmet une émotion que peu de joueurs parviennent à faire passer à travers leur raquette. Pour Andy Murray, qui a longtemps dû batailler avec un jeu plus cérébral et millimétré, voir Alcaraz évoluer est une source d’inspiration. « Il y a des joueurs qui suivent les schémas. Lui, il les casse », résume un consultant de l’ATP sur Eurosport.
Le tennis en quête de nouveaux visages charismatiques
Depuis le déclin progressif du « Big 3 » (Federer à la retraite, Djokovic en fin de carrière et Nadal en phases de retour sporadiques), le tennis masculin cherche un nouveau héros, une figure à la fois compétitive et charismatique. Le style d’Alcaraz, mêlant intensité, humilité et joie de vivre, pourrait bien incarner cette nouvelle ère.
L’impact de figures comme Ronaldinho dans le football dépasse largement les tableaux de statistiques. Ce sont des élans d’émotion, des instants suspendus dans le temps. C’est cette dose de liberté que voit Andy Murray dans le jeu d’Alcaraz. Et il n’est pas le seul. Le public mondial, des tournois ATP 250 aux Grands Chelems, semble définitivement conquis.
Un héritage déjà en construction
Ce parallèle dressé par Andy Murray n’est pas juste un compliment ; c’est un signal. Un signal que la beauté du jeu tient autant à la technique qu’à l’esthétique, au plaisir qu’au palmarès. À seulement 21 ans, Carlos Alcaraz est déjà en train de laisser son empreinte, non seulement dans les archives du tennis, mais dans ses cœurs.
Et si Ronaldinho était l’artiste qui a fait tomber amoureux des millions d’enfants du football, Carlos Alcaraz pourrait bien être celui qui redonne aux jeunes l’envie de prendre une raquette pour jouer – avec classe, avec générosité, et surtout, avec le sourire.