À 38 ans, Novak Djokovic n’a pas dit son dernier mot. Alors que certains spéculaient sur un éventuel ralentissement de sa carrière, le Serbe vient de prendre la planète tennis à contre-pied en annonçant son retour au Masters 1000 de Shanghai (1er au 12 octobre). Une décision stratégique qui relance pleinement la course aux ATP Finals et témoigne de son ambition intacte.
Un come-back attendu : Djokovic de retour en Masters 1000
Novak Djokovic n’avait plus disputé de tournoi Masters 1000 depuis le printemps 2025 et le Masters de Madrid. Il avait alors opté pour une gestion fine de son calendrier, privilégiant les Grands Chelems — avec succès, notamment grâce à une finale à Wimbledon et un titre à Roland-Garros. En délaissant le circuit secondaire et les Masters 1000, « Nole » misait sur la fraîcheur physique et la prolongation de sa longévité.
Mais c’est à Shanghai que le Serbe a choisi de faire son retour, un tournoi qui lui a toujours souri. Déjà victorieux à quatre reprises (2012, 2013, 2015 et 2018), Djokovic y a laissé son empreinte et compte bien ajouter une cinquième étoile à sa collection. L’an passé, il s’était incliné en finale face à un Jannik Sinner étincelant. Une défaite qu’il n’a visiblement pas digérée, et qu’il entend effacer avec panache.
Son engagement a été révélé par les organisateurs lors d’un communiqué officiel mardi. Une surprise, tant le doute subsistait sur son implication dans les Masters d’ici la fin de saison. En effet, sa volonté de ménager son corps laissait penser à un possible forfait. Mais c’était sans compter sur l’obsession qui le guide toujours : terminer l’année au sommet.
Objectif ATP Finals : la stratégie du sprint final
Au-delà de Shanghai, Djokovic a déjà fixé les jalons de sa fin de saison. Il participera à l’exhibition des Six Kings Slam à Riyad du 15 au 18 octobre, un événement mettant en scène plusieurs légendes du tennis. Ensuite, il est pressenti pour disputer le tournoi ATP 250 d’Athènes début novembre, une compétition inédite sur le circuit.
Cette série de tournois s’inscrit clairement dans une logique de montée en puissance avant les ATP Finals de Turin (10-17 novembre), épreuve qu’il a remportée à sept reprises. Un format court, intense – round robin puis phases finales – parfaitement taillé pour le génie tactique du Serbe.
L’enjeu est double pour Djokovic. D’un côté, c’est l’opportunité d’augmenter sa récolte de points et de se repositionner fortement dans la course à la place de numéro 1, même si Carlos Alcaraz et Jannik Sinner sont actuellement en embuscade. De l’autre, cela lui permet d’envoyer un signal fort : à presque 39 ans, il est toujours l’homme fort en indoor et le rival à battre.
Analyse : entre lucidité physique et ambition intacte
Ce retour à Shanghai n’est pas anodin. Il traduit une adaptation constante de la part d’un joueur au sommet de sa carrière depuis près de deux décennies. Djokovic ne court plus après la quantité, mais bien après l’efficacité. En ciblant ses apparitions, il maximise sa capacité à briller sur les moments clés du calendrier.
Ce come-back pourrait également redistribuer les cartes. D’une part, il relance la tension chez ses principaux rivaux : Sinner, Alcaraz, Medvedev ou encore Zverev devront composer avec un Djokovic affûté et revanchard. D’autre part, il dramatise les dernières semaines avant Turin, où le suspense pourrait demeurer entier jusqu’au dernier tournoi.
En somme, Novak Djokovic, loin de s’effacer, prépare un coup de maître. Si la saison 2025 avait démarré sur un rythme mesuré pour lui, elle pourrait bien se conclure en apothéose. Avec Shanghai en ligne de mire, le Serbe réaffirme que son règne n’est peut-être pas encore terminé.
Alors, la question est posée : Novak Djokovic peut-il encore renverser une saison en quelques semaines ? Au vu de son palmarès et de son mental, il serait bien imprudent de parier contre lui.