Ons Jabeur tire la sonnette d’alarme : le calendrier WTA pointé du doigt

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par Léo Duvot

La saison 2025 de tennis ne fait pas dans la dentelle, et certains joueurs n’en peuvent déjà plus. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Ons Jabeur résonne particulièrement fort. À 31 ans, la joueuse tunisienne, passionnée et désormais figure emblématique du circuit féminin, a décidé de « mettre les pieds dans le plat ». Dans une interview accordée à Sky Sports, Jabeur dénonce un calendrier WTA devenu, selon elle, « inhumain ». Et cette prise de position sonne comme un appel à l’aide bien plus qu’un simple coup de gueule.

Un calendrier WTA « qui tue tout le monde »

Depuis plusieurs saisons, le rythme du circuit féminin ne cesse de s’intensifier. Entre les longues saisons qui s’étendent quasiment sans pauses et l’enchaînement de tournois exigeants, les corps fatiguent, les esprits vacillent. Pour Ons Jabeur, la coupe est pleine. Après avoir été contrainte de se retirer du circuit pour une pause de plus de trois mois, la Tunisienne a pointé du doigt une réalité inquiétante : la surcharge du calendrier met la santé des joueuses en péril.

« Le calendrier est en train de tuer tout le monde », a-t-elle déclaré frontalement sur Sky Sports. Elle n’est pas seule dans cette situation. D’autres joueuses de premier plan comme Beatriz Haddad Maia et Elina Svitolina ont également été contraintes de faire des pauses, souvent à cause de blessures à répétition – symptômes d’une programmation trop dense.

Cette réalité pose d’autant plus question en 2025 où la WTA a récemment renforcé ses partenariats avec plusieurs organisateurs de tournois. Résultat : la multiplication des événements majeurs comme les WTA 1000 à la suite (Doha puis Dubaï, par exemple), qui, s’ils sont prestigieux sur le papier, épuisent les organismes. « C’est mon tournoi préféré et je veux y jouer, mais deux WTA 1000 d’affilée ? C’est trop », a encore martelé la finaliste de Wimbledon 2022.

La santé des joueuses au cœur des débats : vers une réforme nécessaire ?

Ons Jabeur n’en est pas à sa première prise de position sur les conditions de jeu sur le circuit. Mais cette fois, ses mots soulignent une tension plus large au sein de la communauté tennistique. La question de la santé physique et mentale des joueuses revient de plus en plus souvent, et cet appel lancé par l’une des figures les plus respectées du circuit pourrait accélérer la prise de conscience.

Pour Jabeur, la solution passe par une réforme en profondeur. Elle appelle les dirigeants de la WTA à repenser le calendrier global, non seulement pour limiter les blessures, mais pour préserver la longévité des carrières. « J’espère que la communauté du tennis nous écoutera et réduira la durée de certains tournois », a-t-elle souligné. Le débat est lancé. D’autant plus que Carlos Alcaraz, côté ATP, a récemment émis des préoccupations similaires quant au rythme infernal du circuit masculin.

Une réforme de la programmation pourrait aussi redéfinir les priorités : privilégier la qualité des tournois à la quantité, harmoniser les périodes de repos dans la saison, ou instaurer une limitation du nombre de WTA 1000 consécutifs. Des pistes existent, mais nécessitent un dialogue entre joueuses, instances et organisateurs – et une volonté politique claire de faire évoluer un modèle économique déjà bien établi.

À l’heure où des enjeux de santé mentale émergent aussi dans le monde du sport de haut niveau, cette prise de parole s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un retour à l’humain. Sur un circuit où la performance prime, entendre une joueuse dire haut et fort qu’elle veut continuer à aimer ce sport – sans y laisser sa santé – est un signal fort.

Pour le tennis féminin, ce cri d’alerte pourrait bien être une opportunité. Repenser aujourd’hui pour mieux construire demain, c’est peut-être ça, le véritable match à jouer pour la WTA.

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